György Palfi

György Palfi

Le génie hongrois en terre grolandaise, cela ressemble à un événement immanquable. Un cinéma comme il s’en fait peu sous nos latitudes, mélange d’humour noir, de finesse et d’innovation. Quelque part entre Otar Iosseliani et Roy Andersson, ses films sont empreints d’une croyance indéfectible à la magie du cinéma. Il avoue être un amateur de thriller, comme son maître spirituel, Umberto Ecco.

Hic (de crimes en crimes)

avec Ferenc Bandi, Józsefné Rácz, Agi Margittay, 2003, Hongrie, 1h15

hukkle-fullDans un village hongrois plongé dans la torpeur de l’été, une mystérieuse série de meurtres va sortir les habitants de la bourgade de leur tranquillité. Oubliez ces films à l’intrigue et au dénouement manipulateur, car ici, le spectateur est le principal enquêteur dans une histoire complexe où la perception des images et des sons est d’une importance capitale. Dans une histoire empreinte à la fois d’humour et de noirceur, où les « dialogues » sont poussés au strict minimum (ici on bruite, on grogne, mais on ne pipe pas mot), chaque plan accouche d’un miracle cinématographique. Tel un bestiaire, la caméra s’attarde tour à tour sur des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux, mais également sur une quantité incroyable d’espèces animales. Hic pourrait être la rencontre improbable entre Twin Peaks et Microcosmos, rien que ça.

Projection le Samedi 21 Septembre à 19h à l’ABC

Taxidermia

avec Csaba Czene, Istvan Gyuricza, Piroska Molnár, 2006, Hongrie, 1h31

Interdit aux moins de 16 ans

taxidermiaL’histoire d’une famille sur trois générations, dans la Hongrie du XXème siècle. Un aide de camp, pendant la Seconde Guerre mondiale. Un champion hors norme, sous l’ère communiste. Un inquiétant taxidermiste, de nos jours. Le premier court après le sexe (de la charcuterie comme substitut sexuel), l’autre après le succès (des championnats d’ingurgitation de bouffe) et le dernier après l’immortalité. Le grand-père est affecté d’un bec de lièvre, le père naît avec une queue de cochon tandis que le fils est albinos. De sa naissance à sa décadence, on suit donc le parcours d’une lignée ayant nouée un rapport compulsif à la chair : désir, absorption, excrétion, trois névroses disséquées par la mécanique tranchante de Palfi. Bien que fidèle aux faits historiques qui ont émaillés la Hongrie, Taxidermia n’a rien d’un film naturaliste, mais a plutôt trait au surréalisme et au grotesque : c’est obscène, drôle, effroyable… Une vision atypique où toutes les exubérances sont permises. Un film hors norme qui repoussera toutes vos limites.

Projection le Mercredi 18 Septembre à 21h45 à l’ABC

Séance présentée par la monteuse du film Réka Lemhényi

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Final Cut

avec Humphrey Bogart, Kate Winslet, Arnold Schwarzeneger, Marlène Dietrich, Léonardo Di Caprio, James Stewart et tant d’autres, 2012, Hongrie, 1h25

final-cutAprès l’étrange Hic et le non moins troublant Taxidermia, György Palfy nous revient avec Final cut, un brillant hommage au cinéma sous toutes ses formes. 1h25 de montage monstre de tout un pan de l’histoire de cinéma où se côtoient blockbusters actuels, films intimistes, chefs d’œuvre du muet mais aussi des œuvres méconnues. Un exercice de style au rythme impeccable grâce à l’agencement judicieux des séquences orchestrées par Palfy, qui nous propose un vrai film de cinéma. De quoi parle ce film ? On pourrait résumer ce film à travers la réplique lancée par Samuel Fuller dans Pierrot le fou : « Le cinéma, c’est comme une bataille. L’amour, la haine, l’action, la violence et la mort. En un seul mot : c’est l’émotion ».

Final Cut, la projection événement, le film que vous ne verrez nul part ailleurs. Après Cannes, Paris, Lyon et La Rochelle, vous avez la chance de découvrir l’inestimable Final Cut à Toulouse, un film qui ne sortira jamais en salle en raison des questions de droits d’auteur. Viendez, il n’y aura pas de séance de rattrapage…

Projection le Mercredi 18 Septembre à 19h30 à l’ABC

Rencontre avec une des monteuses du film Réka Lemhényi

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